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Mercredi 5 avril 2023
Hémicycle du Conseil Economique Social et Environnemental. 9, Place d'Iéna 75016 PARIS
#1 / 8h30-9h30 Session d'ouverture
Les promesses de l’avenir : pour un discours positif de la transition écologique
Session OMNES Education, conçue par Marie-Nathalie Jauffret, Sémiologue, Enseignante-chercheure à l'International University of Monaco.
Ouverture de la 11è édition du Printemps de l'économie :
- Thierry Beaudet, Président du Conseil Economique Social et Environnemental
- Pierre-Pascal Boulanger, Président-fondateur du Printemps de l'économie
- Catherine Kuszla, Dean Recherche, OMNES Education
En suscitant craintes et découragements, l'accumulation de discours alarmistes et pessimistes nous promettant des lendemains sombres n'est pas propice à l'action. Comment les sciences humaines et sociales peuvent-elles œuvrer à la construction d'un récit positif de la transition, qui pousse à l'engagement individuel et collectif vers un avenir désirable ? Une session au regard international.
Intervenant-e-s :
- Cristiane Derani, Professeure à Universidade Federal de Santa Catarina, Brésil. Membre du Centre for Environment, Energy and Natural Resource Governance (C-EENRG) à l'Université de Cambridge, Membre de la Chaire d’Excellence Normandie pour la Paix
- Marie-Nathalie Jauffret, Sémiologue, Enseignante-chercheuse à l’International University of Monaco
- Bassem Kamar, Chef Économiste de la Banque Centrale des Emirats Arabes Unis, ancien Chef Économiste pour la région SEMED de la BERD, Économiste Senior au FMI
- Guillaume Rose, Directeur Général Exécutif du Monaco Economic Board (MEB)
- Modératrice : Laure Manent, Chroniqueuse Actuelles et économie, France 24
#2 / 9h45-10h45
Résoudre l'anomalie du sous-investissement
Session Natixis, conçue par Patrick Artus, Conseiller économique senior de Natixis, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
Tant aux Etats-Unis que dans la zone euro, le taux d'investissement net (net de la consommation de capital fixe, des amortissements du capital) des entreprises a beaucoup baissé entre les années 2000 et les années 2010.
Pourtant, le taux de profit des entreprises, le q de Tobin (ratio de la valeur boursière des entreprises à leur stock de capital en valeur) ont beaucoup augmenté, ce qui aurait dû conduire au contraire à une hausse du taux d'investissement.
Il faudrait corriger cette anomalie qui conduit à une modernisation très faible des entreprises, à une insuffisance de l'investissement dans la transition énergétique et à un recul des gains de productivité.La cause de cette relation contre-intuitive entre les profits des entreprises et leurs investissements est probablement à trouver dans l'utilisation des profits. Les entreprises et leurs actionnaires ne les utilisent pas pour investir dans de nouvelles capacités de production mais pour acheter des actifs immobiliers préexistants ou financiers (actions et entreprises qui existent déjà) ce qui génère une rentabilité plus forte que l'investissement dans du nouveau capital des entreprises. Le fait que les profits soient utilisés pour acheter des actifs qui sont déjà présents conduit à ce que la hausse de la profitabilité des entreprises entraîne une hausse du prix des actifs financiers et immobiliers et pas une hausse des investissements des entreprises. Comment corriger cette anomalie ?
Intervenant-e-s :
- Patrick Artus, Conseiller économique senior, Natixis
- Gilbert Cette, Professeur d'économie à NEOMA Business School
- Anne-Laure Delatte, Économiste, chercheuse au CNRS rattachée à l'Université Paris Dauphine
- Modérateur : Jean-Marc Vittori, Editorialiste, Les Echos
#3 / 11h-11h55
Verdir la politique du logement : avons-nous les moyens de nos ambitions ?
Session DG Trésor, conçue par Agnès Bénassy-Quéré, ancienne cheffe économiste de la DG Trésor, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
La France s'est dotée d'objectifs écologiques ambitieux qui se traduisent par de nouvelles priorités dans la politique du logement. Il s'agit d'abord d'atteindre en 2050 l'objectif de zéro artificialisation nette (pour chaque hectare artificialisé un hectare devra être renaturé). En effet, l'artificialisation est porteuse d'externalités négatives économiques et sociales (désertification des centres-bourgs, moindres économies d'agglomération), environnementales (atteintes à la biodiversité) et climatiques (changement d'usage des sols, réduction des puits de carbone, étalement urbain). Pour réduire l'impact du réchauffement climatique, la France s'est également fixé l'objectif de neutralité carbone qui nécessitera de réduire significativement nos émissions de gaz à effet de serre, et d'accompagner la rénovation énergétique des logements. Les intervenants feront un point d'étape sur la réalisation de ces objectifs, discuteront des différents outils mobilisés jusqu'ici et des mesures pour les améliorer.
Intervenant-e-s :
- Vincent Aussilloux, Chef du Département Économie-Finances, France Stratégie
- Sonia Guelton, Professeure à l'Université Paris-Est, Chercheuse au Lab'Urba
- Mariona Segu, Assistant Professeure, Cergy Paris Université, PSE / École d'économie de Paris
- Modérateur : Antoine Deruennes, Chef du Service des Politiques Publiques, Direction Générale du Trésor
#4 / 12h-13h
Quel engagement des acteurs financiers ?
Session Les Economiques avec le Crédit Agricole, conçue par Isabelle Job-Bazille, Cheffe économiste du Groupe Crédit Agricole S.A.
On va vivre à l’échelle planétaire une révolution industrielle majeure : la transition vers une économie bas-carbone va nécessiter de remplacer ou d’adapter le stock de capital existant, d’accélérer le progrès technique pour trouver des alternatives aux énergies fossiles, de veiller à la sobriété énergétique et d’aider à la décarbonation des usages.
Devant l’ampleur des investissements à réaliser, les acteurs financiers (banque, assurance, fonds…), qui collectent l’épargne, financent l’activité et jouent un rôle de premier plan sur les marchés, ont vocation à prendre une part importante dans la transition écologique laquelle implique de mobiliser d’importantes ressources financières que les États ne peuvent assumer seuls.
La table ronde sera l’occasion de comprendre comment le système financier inscrit les enjeux sociétaux et environnementaux au cœur de son fonctionnement, d’échanger sur la manière dont la finance intègre la durabilité dans la gestion de ses risques, de témoigner d’initiatives concrètes sur les différents apports des acteurs de la finance pour accompagner les transitions (financement, épargne, conseils…), d’aborder les questions de transparence avec le développement des critères extra-financiers et les obligations de reporting, et de débattre sur le rôle joué par la régulation et la supervision bancaires.
Intervenant-e-s :
- Eric Campos, Directeur du Projet Sociétal du Groupe Crédit Agricole SA et Directeur général de Crédit Agricole Transitions et Énergies (CATE)
- Mathieu Garnero, Directeur du projet LIFE Finance ClimAct (ADEME)
- Isabelle Job-Bazille, Cheffe économiste du Groupe Crédit Agricole S.A.
- Modérateur : Isabelle Job-Bazille, Cheffe économiste du Groupe Crédit Agricole S.A.
#5 / 14h-15h
La ville productive, levier de la transition énergétique.
Session Institut pour la Recherche, Groupe Caisse des Dépôts, conçue par Isabelle Laudier, Responsable de l'Institut pour la Recherche, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
La crise sanitaire, les tensions sur l'énergie et les matières premières, et plus globalement le dérèglement climatique, bouleversent les modèles économiques des entreprises, les chaînes de valeur, et soulèvent des enjeux de de souveraineté. Ces évolutions interrogent en particulier l'ancrage des entreprises dans les territoires, et leur capacité à mobiliser les ressources locales. Le rapprochement de la production des centres urbains constitue également un levier de transition écologique, et contribue à des stratégies territoriales plus résilientes.
Cette session abordera ces interrogations.
Intervenant-e-s :
- Nadine Levratto, Directrice d’EconomiX, Directrice de recherche au CNRS, Chargée d’enseignements à l’université de Paris Nanterre et à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Philippe Mutricy, Directeur de l'Evaluation des Etudes et de la Prospective, Bpifrance
- Modératrice : Isabelle Laudier, Responsable de l'Institut pour la Recherche, Caisse des Dépôts
#6 15h15-16h15
Vieillissement, dépendance : comment faire face ?
Session Institut pour la Recherche, Groupe Caisse des Dépôts, conçue par Isabelle Laudier, Responsable de l'Institut pour la Recherche, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
Fiche pédagogique
Le vieillissement de nos sociétés soulève des enjeux multiples : économiques, sociaux, sociétaux. Si les débats portent dans l'actualité sur le financement des retraites, le vieillissement touche aussi aux questions d'emploi, de politiques de santé, de cohésion sociale ou d'équité intergénérationnelle. Parmi ces questions, la prise en charge du grand âge devient centrale, et impose de revoir les modèles d'accueil et d'accompagnement des plus âgés, pour plus de soins et d'humanité. Cette table-ronde abordera toutes ces questions.
Intervenant-e-s :
- Jean-Hervé Lorenzi, Président des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Fondateur du Cercle des Économistes, Titulaire de la Chaire Transitions démographiques, transitions économiques
- Laure de la Bretèche, Directrice déléguée des Politiques sociales de la Caisse des Dépôts, Présidente d'Arpavie
- Louis Henry, Responsable Transitions de l'Institut pour la Recherche, Caisse des Dépots
- Modératrice : Isabelle Laudier, Responsable de l'Institut pour la Recherche, Caisse des Dépôts
#7 / 16h30 - 17h30
Sortir des investissements fossiles : acteurs et leviers du changement
Session Institut Veblen, conçue par Mathilde Dupré, Co-directrice de l'Institut Veblen
80% des réserves fossiles connues doivent rester dans le sol pour avoir une chance de limiter le réchauffement planétaire en deçà de 2°. L'agence internationale de l'énergie a admis en 2021 la nécessité de mettre fin aux nouveaux investissements dans les énergies fossiles. Cependant le financement de ce secteur par les 60 premières banques mondiales a encore atteint 742 milliards de dollars en 2021 selon le rapport d'ONG Banking on climate chaos. Et le soutien public a lui aussi presque doublé en 2021, selon l'OCDE. Comment sortir de cette impasse ?
Intervenant-e-s :
- Jezabel Couppey-Soubeyran, Maîtresse de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Conseillère scientifique, Institut Veblen
- Mathilde Dupré, Co-directrice, Institut Veblen
- Lucie Pinson, Directrice de Reclaim Finance
- Modérateur : Matthieu Jublin, Journaliste, Alternatives Economiques
#7bis / 18h -19h30
La technologie et l'innovation sont-elles des armes efficaces contre le réchauffement climatique ?
Session du Cnam, conçue par Alexis Collomb, Professeur, Directeur du Département EFAB, Cnam, Membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie
Si les derniers rapports du GIEC ont par exemple clairement souligné que la sobriété – thème du dernier Printemps de l'Economie – dans l'extraction et l'utilisation de ressources naturelles (e.g. recycler plutôt que refabriquer) ou dans les usages (e.g. emprunter du durable plutôt que consommer du jetable) était un levier indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, on peut bien sûr aussi s'interroger sur notre capacité à innover pour trouver des solutions technologiques à différentes causes clairement identifiées du réchauffement climatique. C'est précisément l'objet de cette table ronde : essayer de montrer si et comment certaines innovations pourraient avoir un impact significatif pour lutter contre le réchauffement climatique. Et si certains analystes se méfient de l'alibi trop simple de « l'innovation nous sauvera » comme l'excuse parfaite pour ne rien changer dans nos comportements, et pointent précisément du doigt ces innovations (e.g. le moteur thermique) qui ont considérablement dégradé notre environnement, on peut néanmoins se demander si le génie humain sera capable de bien innover aujourd'hui pour réparer ce qui fut joyeusement ignoré hier. L'heure est à l'action et à l'engagement... L'heure est-elle à l'innovation engagée ?
Intervenant-e-s :
- Alexis Collomb, Professeur du Cnam, Directeur du Département EFAB
- Cédric Denis-Remis, Fondateur IHEIE et VP, Développement Innovation et Entrepreneuriat à PSL
- Marie-Luce Godinot, Directrice Générale Adjointe Digital, Innovation et Développement Durable, Groupe Bouygues SA
- Yves Jégourel, Professeur du Cnam, Titulaire de la chaire "Economie des matières premières et transitions durables"
- Charlotte Roule, Directrice générale de Storengy
- Modérateur : Olivier Lascar, Rédacteur en chef du pôle digital, Sciences & Avenir
Jeudi 6 avril 2023
Hémicycle du Conseil Economique Social et Environnemental 9, Place d'Iéna 75016 PARIS
#8 / 8h30-9h30
Travailler mieux, pour répartir mieux : action !
Session Xerfi, conçue par Olivier Passet, Directeur de la recherche chez Xerfi, membre du conseil scientifique du Printemps de l'économie
Le capitalisme financiarisé est confronté à au moins deux crises de soutenabilité : environnementale et sociale. Cette seconde dimension doit être aussi au cœur de l’action. Elle a pour arrière-plan, une crise de la reconnaissance de la valeur travail. Cette dernière a été effleurée mais tout aussitôt éludée lors des confinements lorsque le Président a évoqué la question des « invisibles », essentiels au fonctionnement de nos économies et non rémunérés à leur juste utilité sociale. Alors que d’un côté certains s’inquiètent des dérives d’un « néo-féodalisme » numérique qui remet au goût du jour le travail à la tâche et, que de l’autre, enfle le contingent des bullshit jobs, parfois sur-rémunérés et à l’utilité sociale mal identifiée, la distribution primaire du revenu (celle avant impôts et transferts sociaux), creuse de plus en plus l’écart entre les plus aisés et les plus pauvres. Les distorsions atteignent une telle ampleur que leur correction a posteriori est hors de portée des instruments de redistribution traditionnels. Pour corriger les inégalités sociales, le premier réflexe est de taxer les plus riches, mais à force de taxer, l'impôt devient confiscatoire, sans parler de son incidence en termes d’évasion. L’autre option consiste à indemniser les plus pauvres ou à diminuer leur fardeau fiscal avec pour effet collatéral d’assécher financièrement la protection sociale. Nous sommes dans deux impasses et de moins en moins de citoyens croient en la capacité financière des gouvernants à réparer a posteriori les dégâts de l’économie de marché. La sociale démocratie est sévèrement sanctionnée en Europe pour cela. Son double discours qui consiste à pousser toujours plus loin notre modèle vers le marché, avec la promesse d’une compensation des perdants à laquelle de moins en moins de gens croient, nourrit la colère et les postures extrêmes, sapant in fine notre socle démocratique. Cet enjeu implique de repenser les modalités d’insertion dans l’emploi, la valorisation des métiers et nos systèmes de gouvernance.
Intervenant-e-s :
- Cécile Jolly, Cheffe de projet Prospective des métiers et des qualifications, France Stratégie
- Aurore Lalucq, Économiste, Députée européenne
- Olivier Passet, Directeur de la Recherche, Xerfi
- Modération : Olivier Passet, Directeur de la Recherche, Xerfi
#9 / 9h45-10h45
Quelle stratégie de transition énergétique ?
Session Natixis, conçue par Patrick Artus, Conseiller économique senior de Natixis, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
Deux stratégies différentes pour réussir la transition énergétique sont proposées aujourd'hui.
D'une part, la stratégie de l'effort d'investissement en production et stockage d'énergies renouvelables, de décarbonation de l'industrie et des transports, de rénovation thermique des bâtiments et logements. On évalue d'habitude le besoin d'investissement supplémentaire pour arriver à la neutralité carbone en 2050 à 4 ou 4,5 % du PIB dont l'Europe ne réalise aujourd'hui que la moitié. Les tenants de cette stratégie soutiennent que si cet effort d'investissement est réalisé, il est possible de produire une quantité d'énergie (essentiellement d'électricité) suffisante pour éviter tout rationnement.
D'autre part, une stratégie basée sur la nécessité de réduire la consommation d'énergie, de rationner l'utilisation d'énergie par les consommateurs et les entreprises. Les tenants de cette stratégie mettent en avant les difficultés de la stratégie d'investissement (transfert de la rareté de l'énergie sur la rareté d'autres matières premières, prix élevé des énergies renouvelables qui créent un accroissement des inégalités) et concluent qu'il faudra limiter la quantité d'énergie consommée par chaque personne. Ils poussent à la définition de quotas individuels (de transport , de chauffage...) qui limitent la consommation globale d'énergie.
On pourra se demander si la stratégie d'investissement est réalisable, si la stratégie contraignante est compatible avec la liberté individuelle, si les incitations financières diverses ne peuvent pas se substituer à la contrainte.
Intervenant-e-s :
- Patrick Artus, Conseiller économique senior, Natixis
- Jezabel Couppey-Soubeyran, Maîtresse de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Conseillère scientifique, Institut Veblen
- Patrice Geoffron, Professeur, Université Paris-Dauphine PSL, Directeur, CGEMP
- Jean Pisani-Ferry, Senior Fellow, Bruegel
- Modérateur : Philippe Escande, Editorialiste, Le Monde
#10 / 11h-11h55
MACF et IRA : priorité donnée à l'environnement ou retour du protectionnisme ?
Session du CEPII, conçue par Isabelle Bensidoun, Antoine Bouët, Michel Fouquin, CEPII, Membres du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
Avec ces deux dispositifs (Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières et Inflation Reduction Act), l’Union européenne et les États-Unis affichent leur engagement pour lutter contre le changement climatique. Pourtant l’un comme l’autre ont été vivement critiqués. Le premier, notamment par les États-Unis et les pays en développement qui voient dans ce mécanisme européen une menace pour la compétitivité de leurs exportations, voire une mesure protectionniste. Le second, notamment par l’Europe qui craint une fuite de ses entreprises vers les États-Unis pour bénéficier des avantages offerts par l’IRA et là aussi un arsenal protectionniste, les subventions étant essentiellement réservées aux entreprises nord-américaines. Les réponses apportées des deux côtés de l’Atlantique se rejoignent : ces dispositifs constituent des incitations à ce que les autres pays fassent de même pour répondre à l’urgence climatique. Quels sont les contours de ces dispositifs ? Leur compatibilité avec les règles de l’OMC ? Les effets que l’on peut en attendre sur l’environnement et leurs éventuels effets collatéraux ? Plus largement quels enseignements en tirer sur l’avenir de la mondialisation ?
Intervenant-e-s :
- Antoine Bouët, Directeur du CEPII
- Lionel Fontagné, Conseiller à la Direction de l’Économie et de la Coopération Internationale, Banque de France, Professeur à l’École d’Économie de Paris, Conseiller scientifique au CEPII
- Laurence Nardon, Responsable du programme Amérique du Nord, IFRI
- Modératrice : Charlotte Emlinger, Economiste au CEPII
#11 / 12h-13h
Inflation : temporaire ou à contrer ?
Session INSEE conçue par Nicolas Carnot, Directeur des études et synthèses économiques, INSEE, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
L'inflation est à un niveau inconnu depuis presque 40 ans. C'est donc une expérience nouvelle pour beaucoup, et concrète pour tous. Elle soulève de très intéressantes questions de mesure, d'analyse et de politique économique, qui seront abordées avec des spécialistes de l'Insee, de l'OFCE et de la Banque de France. Comment mesure-t-on au juste l'évolution des prix et que penser des écarts parfois mis en avant avec le « ressenti » des personnes ? Quelle est la nature de la fièvre récente des prix : est-elle temporaire ou durable, et avec quelles conséquences pour les niveaux de vie ou la compétitivité ? Et quel policy mix pour y répondre, en particulier quels rôles respectifs des instruments budgétaires et de la politique monétaire ?
Intervenant-e-s :
- Céline Antonin, Chercheur à l'OFCE (Sciences Po), Enseignante à Sciences Po et à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne
- Christel Colin, directrice des statistiques démographiques et sociales, Insee
- Guillaume Horny, chef de service du recherche en économie financière de la Banque de France
- Modérateur : Nicolas Carnot, directeur des études et synthèses économiques, Insee
#12 / 14h-15h
Autonomie stratégique et avenir du multilatéralisme ?
Session Banque de France/Académie de Paris, conçue par Olivier de Bandt, Directeur de la recherche, DGSEI de la Banque de France, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
La montée des tensions géopolitiques en liaison avec la guerre en Ukraine, les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, les difficultés actuelles de l’OMC révèlent une remise en question des principes du multilatéralisme sur lequel était fondée la gouvernance de l’économie mondiale jusqu’au début des années 2000. On peut aussi s’interroger sur l’avenir de fora comme le G7 et le G20 et leur capacité à gérer la montée des enjeux climatiques, et en contrepartie comprendre le rôle du Réseau pour le Verdissement du système financier (NGFS). Vers quel régime évoluons-nous en termes d’organisation des échanges mondiaux et de structuration des chaines de valeur ? Comment ces changements s’articulent t-ils avec la recherche de la souveraineté économique et de la sécurité des approvisionnements qu’illustrent les politiques en faveur de l’autonomie stratégique, en Europe mais aussi aux États-Unis, notamment avec l’« Inflation Reduction Act » qui offre des incitations fiscales en faveur des énergies propres aux États-Unis en contrepartie d'une obligation de production et/ou de contenu local.
Intervenant-e-s :
- Bruno Cabrillac, Directeur général adjoint des études et des relations internationales à la Banque de France
- Bertille Delaveau, Responsable du Centre sur le Changement Climatique de la Banque de France
- Elvire Fabry, Chercheuse senior Géopolitique du commerce, Rapporteuse du groupe de travail sur les relations UE-Chine à l'Institut Jacques Delors
- Sébastien Jean, Chaire Jean-Baptiste Say d’économie industrielle du Cnam
- Modérateur : Olivier de Bandt, Directeur de la recherche, DGSEI de la Banque de France
#13 / 15h15-16h15
Capitalisme numérique vs. transition écologique et énergétique : l’impossible (ré)conciliation ?
Session OMNES Education, conçue par Julien Pillot, Enseignant-Chercheur en Economie à Inseec Grande Ecole, Directeur Valorisation de la recherche à Omnes Education, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie
Les politiques du numérique et de l'environnement semblent parfois poursuivre des objectifs contradictoires. L'erreur serait pourtant de sacrifier l'économie numérique, aux impacts environnementaux préoccupants, sur l'autel de la transition écologique. Quelles sont les actions à mener pour (ré)concilier le capitalisme numérique et la transition écologique et énergétique ? Et à quel niveau doivent se situer ces nouveaux engagements ? Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles cette session entend apporter quelques éléments de réponse pour esquisser, ensemble, les contours d'un modèle de croissance numérique (enfin!) soutenable.
Pour en savoir plus, Capitalisme numérique et transition écologique : l'impossible (ré)conciliation ? par Julien Pillot sur Vie Publique
Intervenant-e-s :
- Olivier Passet, Directeur de la Recherche chez Xerfi
- Julien Pillot, Économiste, Inseec Grande Ecole
- Modérateur : Thibault Lieurade, Chef de rubrique Economie, The Conversation France
#14 / 16h30-17h45
Inflation, climat et conflits de répartition : quelles voies pour associer fin du mois et fin du monde ?
Session Les Economistes atterrés, conçue par Virginie Monvoisin, enseignant-chercheur Grenoble école de Management, membre des Economistes Atterrés
Fiche pédagogique
Après une longue période de stabilité des prix, l’inflation fait un retour fracassant alors même que nos économies font déjà face depuis trois ans à une multiplication des crises économiques. Que ce soit les déstabilisations de l’offre et la demande héritées de la crise sanitaire ou les tensions sur les matières premières provoquées par les tensions géopolitiques et les risques de pénurie, le contexte économique s’avère d’une complexité rarement égalée. Car, bien entendu, la crise environnementale et les dérèglements climatiques parachèvent un tableau déjà bien sombre.
Les impacts sociaux sont dévastateurs : on ne peut que constater que les inégalités de revenus se sont accrues pendant la Covid et que l’inflation touche avant tout le pouvoir d’achat des ménages les plus fragiles. Que faire pour stabiliser l’économie, soutenir les revenus et mettre en œuvre une véritable transition écologique ? Des mesures de soutien à l’économie ont été prises avec le « quoiqu’il en coûte » ; le plan de France-Relance se met en place autour de vingt-cinq mesures phares ; et la Banque centrale européenne se charge de l’inflation en relevant les taux directeurs. Mais tout cela est-il suffisant et pertinent pour affronter les défis présents et à venir ? La session reviendra sur ces enjeux économiques et sociaux et explorera les pistes d'action afin d'assurer une dynamique économique sociale et soutenable.
Intervenant-e-s :
- Anne Eydoux, Maîtresse de conférences au Cnam, chercheuse au Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) et au Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique (Lise).
- Jean-Paul Pollin, Professeur émérite à l'université d'Orléans
- Gilles Rotillon, Professeur émérite de sciences économiques à l’université Paris-Nanterre.
- Modératrice : Virginie Monvoisin, Enseignant-chercheur Grenoble école de Management, membre des Economistes Atterrés
#15 / 18h-19h30
Consommer, est-ce vraiment s'engager ?
Session APSES, conçue par le collectif Paris, Créteil, Versailles
Face à la crise climatique et énergétique, les appels à la « sobriété », à une consommation « verte » ou « écoresponsable » se multiplient. La consommation peut alors apparaître comme une des formes de l'engagement en matière environnementale.
Pour autant, il n'est pas certain que les pratiques de consommation soient toujours en cohérence avec les valeurs et les attitudes : les militants écologistes sont-ils des consommateurs engagés ? Au-delà des militants, comment les préoccupations environnementales se sont-elles diffusées dans la population française ? Dans quelle mesure cette diffusion a-t-elle entraîné une modification des pratiques réelles de consommation ?
Cette session sera l'occasion, comme chaque année, de la remise des prix du concours de vidéo lycéen. Un événement soutenu par le Printemps de l'économie.
Intervenant-e-s :
- Philippe Coulangeon, Sociologue, Directeur de recherche au CNRS
- Giuseppe Cugnata, Doctorant au centre de sociologie des organisations (CSO) de SciencesPo Paris
- Modération : Guillaume Duval, ancien éditorialiste à Alternatives Economiques.
Vendredi 7 avril 2023
Hémicycle du Conseil Economique Social et Environnemental 9, Place d'Iéna 75016 PARIS
#16 / 8h30-9h30
Quelle fiscalité verte pour inciter à décarboner sans nuire au pouvoir d'achat, à l'emploi à la compétitivité et aux finances publiques ?
Session France Stratégie, conçue par Vincent Aussilloux, Chef du Département Economie-Finances, France stratégie
Les intervenants vont exposer les enjeux d'une fiscalité verte performante qui ne conduise pas à faire augmenter l'empreinte carbone du pays par plus d'importations malgré une baisse des émissions sur le territoire. Des options seront discutées afin de comparer leurs impacts sur le niveau de vie, les inégalités, la compétitivité, l'attractivité, la croissance potentielle, l'emploi, les finances publiques et le taux des prélèvements obligatoires. Un temps de débat avec les participants sera organisé afin de recueillir les questions, les réactions et les suggestions.
Intervenant-e-s :
- Vincent Aussilloux, Directeur du département Economie à France Stratégie
- Jean-Charles Bricongne, Adjoint au Directeur de l'Economie et de la Coopération internationale de la Banque de France, Président de l'Association Business to Ideas, Professeur associé en économie à l'Université Paris I, chercheur associé au LEO (Laboratoire d'Économie d'Orléans)
- Emmanuel Combet, Économiste sénior, ADEME
- Lionel Fontagné, Conseiller à la Direction de l’Économie et de la Coopération Internationale, Banque de France, Professeur à l’École d’Économie de Paris, Conseiller scientifique au CEPII
- Sarah Guillou, Directrice - département Innovation et concurrence ; Co-responsable du pôle « Politique publique et compétitivité des entreprises », Ofce Sciences Po
- Modérateur : Stéphane Marchand, Rédacteur en chef, Pour l'Eco
#17 / 9h45-10h45
Les effets macroéconomiques du changement climatique : une perspective européenne
Session Académie de Paris avec la Banque de France, conçue par Olivier de Bandt, Directeur de la recherche, DGSEI de la Banque de France, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie
Dans le cadre du plan de la commission européenne de réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990, des changements importants en matière d’investissements et de modification des comportements de consommation vont devoir être introduits. Ils vont avoir des effets macroéconomiques significatifs, y compris en matière d’inflation, non seulement pour la France, mais aussi sur les autres pays de l’UE, et le reste du monde, compte tenu l’introduction d’un Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). La session étudiera les choix à court terme pour la France, les effets différenciés sur les autres pays de l’UE et les expériences étrangères intéressantes.
Intervenant-e-s :
- Agnès Bénassy-Quéré, Sous-Gouverneure à la Banque de France
- Mame Fatou Diagne, Cheffe du Département économique, OCDE
- Lionel Fontagné, Conseiller à la Direction de l’Économie et de la Coopération Internationale, Banque de France, Professeur à l’École d’Économie de Paris, Conseiller scientifique au CEPII
- Aude Pommeret, Professeure en science économique à l’Université Savoie Mont Blanc
- Modérateur : Olivier de Bandt, Directeur de la Recherche, DGSEI de la Banque de France
#18 / 11h - 11h55
Ukraine : agir pour reconstruire la défense européenne.
Session Les Economiques, conçue par Bénédicte Tassart, Chef du Service International, RTL, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
« C’est un tournant historique pour armer l’Allemagne » annonce le chancelier allemand Olaf Scholz . Partout dans l’Union Européenne, les budgets Défense gonflent sous la pression américaine. Mais construire une défense européenne, est-ce utile quand on est déjà dans l’OTAN ?
Intervenant-e-s :
- Edouard Jolly, Chercheur en théorie des conflits armés, IRSEM
- Nathalie Loiseau, Députée européenne « Renaissance », Présidente de la sous-commission sécurité et défense au Parlement européen
- Modératrice : Bénédicte Tassart, Chef du Service International, RTL
#19 / Dettes publiques et souveraineté nationale : enseignements des crises du XIIè au XXIè siècle.
Conférence-dédicace à l'occasion de la sortie du livre de Michel Fouquin, Conseiller au CEPII, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie
Dans un monde en pleins bouleversements, l'État est le seul capable d'engager les ressources exceptionnelles, dont il ne dispose pas au moment où les crises éclatent, en s'endettant, et qui peut en même temps garantir leur soutenabilité à long terme. Ce sont les cités-États italiennes qui, pour défendre et étendre par les armes leurs monopoles commerciaux, inventent au XIIe siècle les dettes publiques perpétuelles. Ces dettes ont conduit progressivement à une véritable révolution financière, définie comme « l'établissement d'une dette publique, nationale, financée, permanente, composée d'annuités ou de rentes perpétuelles négociables » et surtout soutenable. La Hollande au XVIIe siècle, l'Angleterre au XVIIIe siècle puis la France au XIXe siècle ont progressivement développé des systèmes financiers résilients capables de gérer des dettes publiques colossales sans faire défaut. Depuis 1950, la dette publique est devenue, pour les pays développés, un instrument de gestion macroéconomique pour lutter efficacement, contre les crises de toutes origines qu'elles soient énergétiques, financières, pandémiques ou militaires. Elle est plus que jamais l'expression de la solidarité nationale. L'urgence climatique appelle une nouvelle mobilisation des finances publiques.
Intervenant-e-s :
- Michel Fouquin, Conseiller au CEPII
- Discutant : Thomas Grjebine, Economiste, Responsable du programme « Macroéconomie et finance internationales » au CEPII
#20 / 14h - 15h
ChatGPT : amie ou ennemie ?
Session Les Economiques avec Alternatives économiques, conçue par Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives économiques, membre du conseil scientifique du Printemps de l'économie
Avec l'arrivée de ChatGPT, l'intelligence artificielle a fait son entrée grand public. De quoi révolutionner le monde du travail (emplois, productivité...) comme jamais ou bien est-ce une évolution technologique comme les autres ? L'Europe est-elle encore une fois distancée par les Etats-Unis et la Chine ? Faut-il encourager son utilisation ou bien en avoir peur ?
Intervenant-e-s :
- Antonio Casilli, Professeur de sociologie à Télécoms Paris
- Laurence Devillers, Professeure d'informatique appliqué au sciences sociales, Sorbonne Université
- Tariq Krim, Entrepreneur de la tech
- Modérateur : Christian Chavagneux, Éditorialiste, Alternatives économiques
#21 / 15h15-16h15
Femmes et Science : dépasser les stéréotypes de genre.
Session PSE-Ecole d'Economie de Paris, conçue par Anne-Celia Disdier, Economiste, Directrice de recherche INRAE, Professeur à Paris School of Economics, membre du Conseil scientifique du Printemps de l'économie.
Les femmes sont très largement sous-représentées dans les carrières scientifiques. Pourquoi est-il important d’attirer les femmes vers ces carrières ? Comment se construisent et se diffusent les stéréotypes de genre, en France et à l’étranger ? Quel lien peut être établi avec les inégalités sociétales ? Autant de questions qui seront abordées lors de cette session, durant laquelle sera également engagée une réflexion quant aux solutions envisageables. Seront notamment évoqués le rôle des ‘modèles’ dans la déconstruction de ces stéréotypes et l’influence des institutions, avec l’exemple de la division puis de la réunification allemande.
Intervenant-e-s :
- Valérie Archambault, Directrice-Adjointe de la recherche en charge des partenariats industriels à l’Ecole des Mines de Paris (MINES-PSL), membre de l’association Femmes et Sciences
- Thomas Breda, Professeur associé à Paris School of Economics (PSE), Chargé de recherche au CNRS
- Claudia Senik, Professeure à Sorbonne Université et à Paris School of Economics (PSE), Directrice de l’Observatoire du bien-être au Cepremap
- Modérateur : Anne-Marie Rocco, Grand Reporter, Challenges
Mot de cloture :
- Pierre-Pascal Boulanger, Président-fondateur du Printemps de l'économie
- Catherine Kuszla, Dean Recherche, OMNES Education
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Responsable de la publication : Pierre-Pascal Boulanger